
Le Championnat de France Cordistes 2026 a réuni la profession du 3 au 5 juin à Bordeaux. Pour cette 12e édition, les organisateurs avaient choisi deux décors hors normes : la Base sous-marine et la grue Wellman. Pendant trois jours, les cordistes ont enchaîné des épreuves qui combinaient technique, rapidité, précision et sécurité.
L’événement ne cherchait pourtant pas seulement à désigner les meilleurs compétiteurs. France Travaux sur Cordes voulait aussi montrer les réalités d’un métier encore mal connu du grand public. Ainsi, entreprises, centres de formation, agences d’intérim, fabricants de matériel et professionnels de la prévention se sont retrouvés autour d’une même activité.
Cette édition bordelaise restera également marquée par ses lieux. La masse de béton de la Base sous-marine contrastait avec la silhouette métallique de la grue Wellman. Or ces deux sites rappellent précisément les environnements complexes dans lesquels les cordistes interviennent chaque jour.
Le Championnat de France Cordistes 2026 arrive pour la première fois à Bordeaux
Le Championnat de France Cordistes existe depuis 2006. France Travaux sur Cordes organise cette compétition nationale afin de valoriser les compétences et les savoir-faire de la profession. L’événement revient tous les deux ans. Après Marseille en 2024, Bordeaux accueillait donc la 12e édition.
Cette arrivée en Gironde constituait une première. La Ville de Bordeaux soutenait l’événement, tandis que la Base sous-marine accueillait une grande partie des installations. Les organisateurs voulaient disposer d’un site assez vaste pour créer des situations proches des contraintes professionnelles.
Le pari fonctionnait particulièrement bien. En effet, les volumes de la Base sous-marine permettent d’imaginer des parcours verticaux, des transferts de charges et des déplacements complexes.
La grue Wellman ajoutait, quant à elle, une dimension beaucoup plus aérienne au championnat. Le film consacré à l’édition 2026 confirme que les épreuves se sont déroulées entre ces deux sites bordelais.
Plus d’une centaine de professionnels ont participé aux différentes épreuves, selon le reportage réalisé pendant la compétition. Quatre épreuves de qualification associaient savoir-faire, technique et rapidité.

Base sous-marine de Bordeaux : un décor taillé pour les cordistes
La Base sous-marine offre un environnement particulièrement adapté à une compétition de travaux sur cordes. Ses dimensions, ses murs massifs et ses différents niveaux permettent de construire des ateliers difficiles à reproduire sur une structure sportive classique.
Ce choix distingue clairement le championnat d’une simple compétition d’escalade.
Un cordiste ne cherche pas uniquement à atteindre rapidement un point situé en hauteur. Il doit aussi travailler une fois en position. Il transporte du matériel, manipule des charges, franchit des obstacles et utilise plusieurs systèmes de sécurité.
Le reportage diffusé pendant le championnat montre, par exemple, une épreuve de déplacement de charges. Le compétiteur devait déplacer plusieurs éléments d’un point à un autre tout en respectant une durée imposée. L’exercice demandait donc de la force, mais surtout une bonne organisation.
En raison de ces contraintes, le site bordelais rapprochait la compétition des réalités du chantier. Les organisateurs pouvaient évaluer la vitesse sans perdre de vue la maîtrise technique.
Cette approche reste essentielle. Car dans les travaux sur cordes, une mauvaise manipulation ne fait pas simplement perdre quelques secondes. Elle peut créer un risque pour le technicien, ses collègues ou les personnes situées au-dessous.
La grue Wellman devient un terrain d’épreuve spectaculaire
La grue Wellman de Bordeaux a sans doute fourni certaines des images les plus impressionnantes du Championnat de France Cordistes 2026.
Cette structure en acier date de 1947. Elle mesure environ 27 mètres de hauteur et appartient aujourd’hui au patrimoine industriel bordelais. La grue a obtenu son classement au titre des monuments historiques en 2014.
Son histoire rend son utilisation pendant le championnat particulièrement intéressante.
Autrefois, la grue servait au levage sur les installations portuaires. Après l’arrêt de son activité industrielle, la Ville de Bordeaux a conservé cette structure. Un projet de restauration a ensuite mobilisé notamment des professionnels du travail en hauteur.
La grue entretient donc déjà un lien étroit avec les métiers sur cordes.
Pendant le championnat, elle s’est transformée en support technique pour les compétiteurs. Le photographe et vidéaste cordiste Hugo Pedel explique d’ailleurs avoir travaillé suspendu en haut de la grue afin de filmer et photographier les participants.
La structure offrait également un intérêt visuel évident. Contrairement aux imposants volumes de la Base sous-marine, la grue expose immédiatement le compétiteur au vide.
Pour le public, le métier devient alors beaucoup plus facile à comprendre.
Des épreuves qui évaluent bien plus que la vitesse
Le Championnat de France Cordistes met naturellement en avant la performance. Toutefois, un bon classement ne repose pas seulement sur les capacités physiques.
Les épreuves reproduisent plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain. Les compétiteurs doivent donc gérer leurs déplacements tout en réalisant une tâche précise.
Cette logique permet notamment d’évaluer :
- la fluidité des déplacements sur corde ;
- la maîtrise du matériel et des techniques ;
- la capacité à organiser une opération ;
- la précision des gestes ;
- la gestion de l’effort ;
- le respect permanent des règles de sécurité.
Le reportage consacré à l’édition bordelaise résume bien cette philosophie. Les quatre épreuves de qualification mélangeaient technique, savoir-faire et rapidité.
Ensuite, les meilleurs compétiteurs poursuivaient l’aventure lors des Masters. Bruno Huet explique ainsi avoir obtenu la 27e place des qualifications, soit l’une des 32 places permettant d’accéder à cette étape.
La compétition devenait alors de plus en plus exigeante. Les meilleurs devaient rester rapides malgré la fatigue accumulée pendant plusieurs jours.
Sécurité et travaux sur cordes restent indissociables
Les images du championnat mettent naturellement en avant le vide et la performance physique. Pourtant, la sécurité constitue l’un des messages centraux de l’événement.
France Travaux sur Cordes rappelle que les interventions professionnelles répondent à des règles précises. Le système comprend notamment une corde de travail et une corde de sécurité. Le professionnel utilise également un harnais adapté et un dispositif antichute.
Le travail doit aussi permettre l’organisation rapide d’un secours. De plus, les outils doivent rester attachés afin d’éviter leur chute. Enfin, les professionnels doivent recevoir une formation spécifique aux opérations réalisées.
Le championnat montre ainsi une différence fondamentale entre le sport et le travail sur cordes.
Un grimpeur cherche principalement à progresser sur une paroi. Un cordiste utilise la corde comme moyen d’accès et de positionnement afin d’effectuer une tâche professionnelle.
Il doit donc maîtriser son déplacement, mais aussi son environnement de travail.
Cette culture de la sécurité apparaît clairement dans le bilan officiel de l’édition 2026. France Travaux sur Cordes cite la technicité, l’engagement, la précision et la culture de la sécurité parmi les valeurs représentées pendant les trois jours de compétition.
Kévin Dessons devient Champion de France Cordistes 2026
Après trois jours de compétition, Kévin Dessons remporte le titre individuel de Champion de France Cordistes 2026. France Travaux sur Cordes confirme sa victoire dans son bilan officiel.
Vincent Chemin atteint la finale, tandis que Bruno Huet termine troisième. Ce dernier a raconté son parcours quelques jours après le championnat. Après une 27e place lors des qualifications, il progresse jusqu’à la cinquième place des Masters. Il atteint ensuite les demi-finales avant de décrocher la troisième place.
Son témoignage illustre bien la difficulté de l’épreuve.
La hiérarchie peut changer très rapidement. Un compétiteur peut connaître des qualifications difficiles puis retrouver toutes ses capacités lors des tours suivants.
Le podium masculin récompense ainsi des profils capables de maintenir un niveau technique élevé malgré trois jours d’efforts.
| Classement | Cordiste | Résultat |
|---|---|---|
| 1er | Kévin Dessons | Champion de France 2026 |
| 2e | Vincent Chemin | Finaliste |
| 3e | Bruno Huet | Troisième place |
Kévin Dessons offre aussi une victoire importante à JARNIAS. Car l’entreprise ne s’arrête pas au titre individuel.
Mélanie Lachamp s’impose chez les cordistes féminines
Le championnat 2026 a également mis en lumière la progression des femmes dans la profession.
Mélanie Lachamp remporte le classement féminin. France Travaux sur Cordes souligne sa performance dans son bilan officiel, qui insiste également sur la hausse de la participation féminine.
Mélanie Lachamp représentait Dimension Corde dans une équipe féminine composée avec Mathilda Rivoire et Victoria Lamy. Dimension Corde avait annoncé cette formation avant la compétition, en partenariat avec l’association Haut Plurielle.
Cette présence féminine ne constitue pas seulement une question d’image.
Les performances réalisées à Bordeaux montrent que les femmes prennent une place croissante dans une profession encore largement masculine. Bruno Huet souligne d’ailleurs dans son retour de compétition le niveau atteint par les participantes en 2026.
Le bilan officiel va dans le même sens. L’organisation présente cette progression comme l’un des faits marquants de l’édition bordelaise.
JARNIAS remporte également le championnat par équipes
Le Groupe JARNIAS complète son week-end avec une victoire dans la compétition par équipes.
France Travaux sur Cordes confirme ce résultat à l’issue du championnat.
Cette double victoire donne une dimension particulière au résultat de Kévin Dessons.
Le championnat valorise en effet les performances individuelles, mais il rappelle aussi une réalité essentielle du métier : un chantier sur cordes repose avant tout sur une équipe.
Chaque professionnel doit pouvoir compter sur ses collègues. Une mauvaise communication peut ralentir une intervention. Elle peut surtout créer un risque.
La compétition par équipes met donc en avant la coordination, l’anticipation et la répartition des tâches.
Ces compétences comptent autant sur une falaise que sur une façade, un ouvrage industriel, un pont ou une infrastructure difficile d’accès.
Un championnat qui rassemble toute la filière des travaux sur cordes
Le Championnat de France Cordistes ne réunit pas seulement les concurrents.
France Travaux sur Cordes conçoit aussi cet événement comme un rendez-vous professionnel. Entreprises spécialisées, centres de formation, agences d’emploi, fabricants et fournisseurs d’équipements peuvent ainsi se rencontrer sur le même site.
Les partenaires de l’édition 2026 représentaient d’ailleurs différentes facettes du secteur. Le site officiel cite notamment des fabricants et distributeurs de matériel, des entreprises de travail temporaire et plusieurs spécialistes des équipements de protection.
Cette diversité donne au championnat une deuxième fonction.
Les épreuves attirent le public. Cependant, les rencontres professionnelles permettent aussi d’échanger sur l’évolution des techniques, du matériel, de la formation et de la prévention.
Le championnat devient ainsi une vitrine de la filière.
Le métier de cordiste dépasse largement les travaux en façade
Pour le grand public, le cordiste reste souvent associé au nettoyage de vitres ou aux interventions sur les façades.
La réalité couvre pourtant beaucoup plus de domaines.
France Travaux sur Cordes rassemble des professionnels qui travaillent dans le bâtiment, l’industrie et les travaux publics. Les techniques sur cordes permettent d’intervenir lorsque les moyens classiques d’accès ne conviennent pas ou créent davantage de risques.
Les cordistes peuvent donc intervenir sur des ponts, des falaises, des pylônes, des structures industrielles ou des monuments.
Toutefois, le recours aux cordes ne constitue pas une solution automatique.
La réglementation impose d’abord de privilégier les protections collectives lorsque leur mise en œuvre reste possible. Les travaux sur cordes se justifient notamment lorsqu’une impossibilité technique existe ou lorsque l’évaluation des risques montre que cette solution réduit le danger global.
Le championnat permet justement de rappeler cette technicité.
Les participants ne sont pas des sportifs qui travaillent occasionnellement en hauteur. Ils sont des professionnels qui utilisent leurs capacités physiques au service d’un métier réglementé.
La 12e édition marque les esprits à Bordeaux
France Travaux sur Cordes qualifie cette édition de championnat exceptionnel.
L’organisation souligne notamment la qualité du site, le niveau technique des épreuves et l’ambiance entre participants. Elle met aussi en avant la progression de la participation féminine.
Le choix de Bordeaux explique sans doute une partie de ce succès.
La Base sous-marine donnait une dimension monumentale aux épreuves. En parallèle, la grue Wellman permettait de placer les cordistes sur une véritable structure industrielle.
Le patrimoine et le métier se répondaient donc naturellement.
Ce rapprochement fonctionnait particulièrement bien dans le cas de la grue. Sa restauration a elle-même mobilisé des compétences liées aux travaux en hauteur. Elle est ainsi devenue un symbole du patrimoine industriel, mais également un support de transmission et de formation.
Le Championnat de France Cordistes montre un métier exigeant et technique
Le Championnat de France Cordistes 2026 à Bordeaux ne se résume finalement pas à un classement.
Kévin Dessons, Mélanie Lachamp et le Groupe JARNIAS repartent avec les principaux titres. Cependant, l’événement montre surtout ce que signifie travailler quotidiennement suspendu à des cordes.
Un cordiste doit posséder une bonne condition physique. Mais il doit surtout connaître ses équipements, préparer ses déplacements et anticiper les risques.
Il doit aussi rester efficace dans des environnements parfois très complexes.
Pendant trois jours, la Base sous-marine et la grue Wellman ont offert une démonstration particulièrement visible de ces compétences.
La compétition a également permis aux professionnels de se rencontrer et au public de découvrir une activité rarement observée d’aussi près.
Ainsi, cette 12e édition a rempli une double mission. Elle a récompensé les meilleurs cordistes français, mais elle a surtout mis en lumière une profession qui intervient là où les moyens d’accès traditionnels atteignent leurs limites.
Et dans ce domaine, la performance ne consiste pas seulement à aller vite.
Elle consiste avant tout à atteindre l’endroit difficile, effectuer correctement le travail et revenir en sécurité.


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